LA DYSPLASIE
La dysplasie de la hanche
- Doc édité par Fréjis : Dysplasie de la hanche chez le chien | FREGIS, hôpital vétérinaire à Paris. Spécialiste et urgences 24h/24
La dysplasie de la hanche est le fait d’une malformation de l’articulation coxofémorale. La tête du fémur ne s’emboîtant pas parfaitement dans sa cavité (l’acétabulum), cela lui laisse une liberté de mouvement qui entraîne des frottements anormaux des deux os conduisant à l’usage prématuré des cartilages articulaires donc au développement de l’arthrose.
C’est un peu comme si vous vous obstiniez à visser avec le mauvais tournevis … à force de visser avec un outil inadapté vous allez abîmer la vis et la rendre moins fonctionnelle. Elle va néanmoins assurer sa fonction en s’adaptant et en créant un nouvel équilibre physiologique qui lui est propre. Même s’il est possible de suspecter une dysplasie à l’œil nu (via les muscles, démarche , boiteries ….) , seule une radiographie peut officiellement la confirmer.
Une origine héréditaire ?
Quelques chiffres : Puisque que tout doit être prévisible dans notre société actuelle, la dysplasie de la hanche doit également l’être. En retirant les sujets « atteints » nous devrions n’avoir qu’une population canine exempte de dysplasie … sauf que la réalité est toute autre …
Cela fait trente ans que nous nous acharnons à sélectionner, radiographier, éliminer et pourtant la dysplasie de la hanche touche toujours environ 60-65 % de l’ensemble de la population canine (dans les pays occidentaux).
Si on ne peut pas affirmer que la dysplasie n’est pas héréditaire, ces chiffres nous montrent qu’écarter les chiens dysplasiques de la reproduction n’élimine pas le problème. De plus sa transmission serait polygénique et poly factorielle ( = impossibilité de prévoir ce qu’un croisement entre deux individus pourrait donner).
Structures abîmées lors des radios des hanches
Pour que la radio des hanches soit reconnue officiellement elle doit être réalisée sous anesthésie générale.
Lors de cet examen le chien doit être mis endécubitus dorsal, jambes écartées qui n’est absolument pas une position physiologique (voir figure).
Toutes les structures participant à l’articulation sont hyper-sollicitées sans aucun frein puisque l’animal ne peut pas réagir.
Facteurs favorisant/amplifiant la dysplasie
· L’alimentation
· Manque de vitamine C
· L’environnement
· Activité inadaptée (exemple : escalier, temps de jeu trop long).
A- Vitamine C son rôle
Le foie du chien produit de la vitamine C de façon dérisoire par rapport à certains autres animaux. (L’homme par exemple n’en fabrique pas).
Et alors allez-vous me dire ?
Le problème est situé dans la région de la cavité l’acétabulum, où est logée la tête du fémur. La jointure entre ces deux systèmes est tenue en place par des ligaments et muscles et assure sa contention.
Dans cette jointure il y a entre autres le muscle pectiné (ou plutôt son tendon), qui attache le bas du fémur au pelvis (voir schéma en première page). Quand le chiot est soumis à un stress constant (physique / psychologique) il ne produit pas assez de vitamine C et la qualité de son collagène devient très pauvre. Le collagène est le « ciment » liant les tissus, renforçant les tendons et dans la cascade de réaction pour le constituer la vitamine C joue un rôle important.
Le muscle pectiné ne se développe pas assez et les ligaments seuls ne sont pas assez forts pour garder la masse osseuse et musculaire en place, la tête fémorale sort de son acétabulum. Ceci va causer sur un terme plus ou moins long : des inflammations, arthrose …
Expérience :
Etude réalisée par un vétérinaire dans les années 65 : 3 chiennes dysplasiques (avec « production » antérieure de chiots dysplasiques ) sont accouplées avec des mâles différents dysplasiques/ou non. Chaque femelle a été complémentée durant sa gestation et toute la lactation en vitamine C. Les chiots ont également été complémentés tout au long de la croissance.
Sur 8 portées , aucun chiot n’a développé de dysplasie (radiographiés).
V – Conclusion & Solutions
A ce jour , il est impossible d’affirmer que la dysplasie est une affection congénitale. Par contre les facteurs alimentaires et environnementaux sont eux connus et reconnus depuis de nombreuses années.
Comment faire pour éviter la dysplasie ?
· La mère doit avoir reçu une alimentation en adéquation avec ses réels besoins physiologiques de même que le chiot bien évidemment
· Il faut notamment particulièrement veiller à l’apport en Vitamine C
· Activité adaptée en fonction de l’âge
· Ostéopathie régulière qui évite des manipulations traumatisantes
Et si mon chien est dysplasique ?
En plus de tous les points précédemment évoqués
· Complémentation en anti-inflammatoire naturels (curcuma , moule verte …)
· Complément en glucosamine et chondroïtine sulfate
· Activité
· Renforcement musculaire
· Léger sous poids
Conclusion:
La dysplasie n’est sans doute pas une fatalité héréditaire et les moyens actuels mis en place pour lutter contre cette pathologie sont inefficaces….